Sainte Julienne Falconieri



Mère et modèle des sœurs et moniales de l’Ordre de Notre-Dame

 

Née à Florence, Julienne est attirée par la sainteté de nos premiers frères Fondateurs. Pour partager leur esprit et leur genre de vie, elle se donne au Seigneur dans la prière, la pénitence et les œuvres de charité. Elle est parmi les premières femmes à porter le manteau des Servites, ce qui leur a valu d’être appelées « Mantelées ».

 

De sa vie, on retient particulièrement sa dévotion à la Mère du Seigneur et son amour de l’Eucharistie. Sur son lit de mort, incapable de retenir aucun aliment, elle demande quand même à communier au Pain de vie. La coutume médiévale, dans un tel cas, permet qu’on dépose l’hostie sur le cœur de la malade. C’est ce qu’a fait le prêtre en prière auprès d’elle. On raconte que l’hostie — Corps du Christ — demeura introuvable, comme si elle avait mystérieusement pénétrée en elle.

 

Marquée par les prières, les veilles et les jeûnes, toute la vie de sainte Julienne était devenue offrande et communion au Seigneur.

 

Oraison

Nous t’en prions, Seigneur, fais que la vie et l’exemple de sainte Julienne réjouissent ton Église ; selon ton dessein de Salut, elle est devenue une mère prévoyante et un modèle de sagesse pour de nombreuses femmes qui désirent, comme elle, suivre le Christ et servir sainte Marie. Par Jésus, le Christ, qui vit et règne avec toi pour les siècles des siècles. Amen.

 
 

Lettre de Julienne de Florence

 

Sur le Mont Sénario, où sont conservés les corps des Sept premiers Pères, Bonfils, Amédée, Bienvenu, Manet, Sostène, Hugues et Alexis, et leur mémoire, on sent la bonne odeur de leur sainteté (cf. 2 Cor 2, 14-15; LO 43). Un tel parfum a attiré d'autres personnes à partager leur idéal de vie: à un moment ou l'autre de leur existence, elles sont montées à la montagne pour une période de temps plus ou moins brève ... et, aujourd'hui, l'écho de leur voix retentit encore dans les grottes. Voici ce que semble raconter la "nièce" de saint Alexis, sainte Julienne [de Florence], femme laïque, amie des Servites, dont le corps repose dans la basilique de la SS. Annunziata, à Florence.

 

Cet article a été publié dans la Revue de culture et de spiritualité Monte Senario, n. 12, septembre-décembre 2000 sous le titre originale : «Cieli nuovi et nuova terra». Traduction par l’auteur, F. Camille M. Jacques, o.s.m.

 
 

Pour le Royaume de Dieu ...

( Des cieux nouveaux et une terre nouvelle )

 

Moi, Julienne,[1] femme laïque, amie des Servites,[2] j'ai toujours été fascinée par leur vie évangélique et apostolique: témoigner de l'Évangile en communion fraternelle, vivre au service de Dieu et du prochain, les yeux fixés sur sainte Marie, Mère et Servante du Seigneur. Vraiment. Je voyais un signe ici-bas du Royaume de là-haut. C'est que j'ai toujours été proche des Servites. Je fréquentais leur église Sainte-Marie - appelée ensuite par les gens la « Sainte-Annonciation » (Santissima Annunziata), à cause de la fameuse fresque qui la représentait -, à Cafaggio, près de laquelle était la maison de notre famille. Je participais à leur prière. Avec eux je chantais les « louanges » (laudi) à la Vierge Marie. Je me sentais attirée par leur vie, mais j'étais une femme. Comment pouvais-je m'unir à ces hommes de Dieu et partager leur vie? 

 

Le Royaume ... de l'amour

Le mystère du Royaume, le mystère de la mort, m'ont toujours interrogée. Quel sens donner à l'existence? Vivre pour quoi? J'étais si touchée par les réponses du Fils de l'homme au dernier jugement (cf. Mt 25, 31-46): « Amen, je vous le dis: chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. (...) Chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait » (Mt 25, 40. 45). Je sentais le poids de ma responsabilité: le Seigneur est présent en chaque personne affamée, assoiffée, étrangère, nue, malade, emprisonnée, ...; il fallait le servir. Je me sentais coupable. Mes omissions étaient si nombreuses (cf. Mt 25, 45). Soucieuse, j'en ai parlé, à plusieurs reprises, à mon confesseur, le frère Jacques de Camporeggi,[3] et même à mon oncle Alexis que je considérais comme un père spirituel et dont je méditais les paroles de sagesse et les faisais germer dans mon coeur. Je me souviens, un jour que j'étais angoissée, je demandai à mon oncle: « Que pourrai-je dire au Seigneur au jour du Jugement dernier? ». Il me répondit, avec calme: « Tu sais, la demande du Seigneur, à la fin, ne sera pas: "Combien de fois as-tu commis tel péché ou fait telle omission ...?" mais plutôt, simplement, "Jusqu'à quel point as-tu aimé?" (cf. Lc 7, 47). En dernier lieu, c'est sur l'amour que nous serons tous jugés ». Ce fut pour moi une découverte. Sur la terre, j'étais appelée à aimer, simplement, à faire toute chose avec amour! À partir de ce moment-là, je désirai à tout prix donner ma vie à Dieu, comme mon oncle, par amour, au service de la Vierge Marie, et j'avais tellement hâte de porter l'habit des Servites. Tout le monde pensait que mon désir était simplement un coup de tête et que je me serais ravisée. Mais, j'étais vraiment décidée. À la fin, mes parents donnèrent leur consentement,[4] les frères aussi, et je pus me vêtir du manteau des Servites.[5]  

 
"Mantelées"

Le fait de revêtir le manteau des Servites était très significatif pour moi. Cela exprimait mon engagement de conversion, pour le Royaume de Dieu: je ne voulais plus chercher à plaire par mes vêtements, mais par ce que j'étais intérieurement;[6] j'entendais me revêtir du Christ (cf. Rm 13, 14; Ga 3, 27)[7] et vivre, créature nouvelle, l'idéal de vie évangélique des Servites, comme femme laïque, leur amie. Mais, par la suite, je découvris avec les frères la signification plus spécifique de l'habit servite: il était un signe d'"innocence"/pureté et d'humilité,[8] qualités mêmes de la Vierge de Nazareth au jour de l'annonciation (cf. Lc 1, 34. 38. 48); la couleur noire indiquait le veuvage[9] et les souffrances amères de la Mère du Crucifié, lors des événements de la Passion.[10] L'habit même des Servites rappelait donc les deux moments-clés de la vie de sainte Marie, notre Dame: l'Annonciation, où elle répondit "oui" au projet salvifique de Dieu et où, sous l'ombre de l'Esprit, elle devint mère de Jésus; la Croix, où, Ève nouvelle, elle vécut son "oui" jusqu'au bout, et où, selon les mots de son Fils (cf. Jn 19, 26-27), elle devint mère de ses disciples bien-aimés, mère de l'Église. "Mantelée", je me sentais engagée - avec la Vierge glorieuse - à accueillir la Parole de Dieu (lectio divina), à être attentive aux indications de l'Esprit, et, en signe de miséricorde, à comprendre et à soulager les souffrances humaines. Après moi, beaucoup d'autres femmes demandèrent à revêtir l'habit des Servites,[11] au point même que certaines d'entre elles se réunirent et vécurent comme de véritables soeurs dans un monastère de vierges « servantes de sainte Marie ».[12]

 

Aider les messagers de l'Évangile

On dit que: « On ne va pas au Paradis en carrosse ». C'est bien vrai. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, - nous enseigne Jésus - il faut tout laisser (cf. Mc 10, 21-25), ne rien garder! Moi, je m'exerçais à écouter les prédicateurs de l'Évangile, à les suivre ..., j'essayais de les aider comme je pouvais. J'étais inspirée par l'exemple de ces pieuses femmes qui avaient accompagné Jésus et les Douze, de la Galilée à Jérusalem, pendant qu'ils proclamaient la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, et qui les avaient aidés « de leurs ressources » (Lc 8, 3), et l'exemple de la jeune Lydia, de Thyatire, croyante, convertie au Christ, qui avait été baptisée et qui avait insisté pour que l'apôtre Paul et les siens viennent loger dans sa maison (cf. At 16, 11-15). Demeurant tout près de ces frères de Sainte-Marie de Cafaggio, je vis en eux des hommes remplis de zèle, messagers de l'Évangile, en paroles et en actes. Je les voyais, en ville [Florence], mendiants, serviteurs des malades, à l'hôpital de la Source vive. Je me souvenais des recommandations du Maître à ses disciples qui annonçaient le Royaume: « Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira. Là, guérissez les malades et dites aux habitants: "Le règne de Dieu est tout proche de vous" » (Lc 10, 8-9). Je cherchai donc à aider ces hommes-là du mieux que je pouvais. Je leur vendais aussi du pain à bon prix.[13] Pour favoriser le déroulement de leurs travaux, je leur prêtais même de l'argent, sans intérêt.[14]

 

Le Royaume des cieux est déjà en moi ... et pas encore!

Mon cheminement évangélique - je le confesse - n'a pas été facile. Le Royaume de Dieu est déjà là ... et pas encore! Vraiment. Pour qu'il reste en nous, il faut être vigilants ... De même que ces hommes de Cafaggio, marchands en quête de la perle précieuse, durent tout laisser pour l'acquérir (cf. Mt 13, 45-46),[15] ainsi, moi, soucieuse des affaires du Seigneur (cf. 1 Cor 7, 34), je dus discerner "ce qui comptait vraiment", jour après jour: je reniai avec force l'égoïsme, l'esprit mondain, le mal; je préférai, aux biens d'ici-bas, la perle précieuse de l'Évangile, de l'Ordre, et, amoureuse du Christ, je voulus me conformer en tout à Lui. Toutefois, pour que cette conversion progressive à la nouveauté du Christ advienne et demeure, je choisis de pratiquer comme moyens nécessaires certaines observances pénitentielles, telles que des veilles, des prières, des jeûnes, le cilice (large ceinture de crin portée sur la peau), ...[16] Je voulais, de cette manière, appartenir totalement au Seigneur Jésus, mon Époux, et à lui seul. Je voulais dire comme l'épouse angoissée du Cantique des cantiques: « J'ai trouvé celui que mon coeur aime. Je l'ai saisi, je ne le lâcherai pas » (cf. Ct 3, 4).[17] J'appris aussi la modestie du regard (cf. Pr 27, 20; Mt 5, 27-29), c'est-à-dire à ne pas fixer les yeux sur un homme et à ne pas trouver du plaisir à sentir arrêté sur moi le regard d'un homme.[18] Je demandai au Seigneur la grâce de vivre la béatitude des coeurs purs (cf. Mt 5, 8) ... de regarder le monde, les personnes, avec Ses yeux, de Le voir, Lui, en toute personne, présent à chaque instant.

 

Le Pain vivant descendu du ciel

L'Eucharistie a toujours été pour moi un grand soutien. Cet repas, mémorial du "dernier Repas" de Jésus avec ses disciples, n'est-il pas une anticipation du banquet final, dans le Royaume, où Jésus a préparé une place pour chacun de nous (cf. Jn 14, 2-3)? C'est une chose grandiose, merveilleuse. Je vois dans la table eucharistique, deux tables: celle de la Parole de vie et celle du Pain vivant descendu du ciel. Le moment même de la communion a toujours été, pour moi, très significatif, intense. Les paroles du Seigneur Jésus me viennent alors à l'esprit: « Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif ... Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. ... Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. ... celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel ... celui qui mange ce pain vivra éternellement » (Jn 6, 35. 54. 56. 57. 58). Combien de fois ai-je participé à l'Eucharistie des premiers frères, à Sainte-Marie de Cafaggio! Comme les disciples d'Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35) et Marie de Magdala, en pleurs pour l'absence de son Maître (cf. Jn 20, 11-17), j'ai appris à reconnaître le Maître, vivant au milieu des siens, sous le "signe" de la fraction du pain. J'ai beaucoup joui de sa présence en moi. J'en tirais de nouvelles énergies. Parfois, à l'Eucharistie, je désirais tellement l'union avec le Christ, mon Époux, que j'étais même prête à quitter ce monde (cf. Fil 1, 23)[19] et que je faisais miennes les paroles de l'apôtre Paul:[20] « je vis mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

 

Un secret, entre femmes

À toi, aujourd'hui, qui est servante de Marie ou amie des Servites, je voudrais adresser une invitation. Tu te souviens, dans l'Évangile, du récit de la guérison de la femme infirme depuis dix-huit ans (cf. Lc 13, 10-17), un jour de sabbat? Sinon, je t'invite à le relire. Je comprends, certes, que cette femme toute courbée, incapable de se redresser, est une image de l'humanité qui, dans son péché, regarde simplement vers la terre; elle est une fille d'Abraham à laquelle Jésus, un jour de sabbat, annonce la libération, la "redresse", lui enseigne de nouveau à regarder les autres en face et à lever son regard/visage vers la lumière. Le sabbat n'est pas un jour de "paralysie" ou de "soumission aveugle", mais un jour de repos, de liberté, de joie, d'action de grâce pour la libération accordée.

Toutefois, je vois aussi, dans ce récit, un message de guérison pour moi et pour toute femme. Je te prie de ne pas oublier les paroles de Jésus et son geste. Il lui dit: « "Femme, te voilà délivrée de ton infirmité." Puis, il lui imposa les mains; à l'instant même elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu » (Lc 13, 12-13). "Femme, te voilà délivrée ..." Jésus, un jour de sabbat tout comme aux autres jours, ne veut pas laisser la femme paralysée ou courbée, mais il tient à la délivrer, à la sauver. Sur la parole de Jésus, je t'en prie: sois délivrée, redresse-toi.   C'est ainsi que Jésus, le Maître, te veut: redressée. Sois toi-même, en tout temps. Créative, empressée, tendre, sensible. Par amour. Fais un trésor de ta féminité; qu'elle soit un véritable apport à l'Ordre des Servites, à la Famille Servite. Toi qui sais regarder l'autre avec ton coeur, ne reste pas inactive. Tire profit de ton génie féminin et répète, à ton tour, les gestes bienfaisants de Jésus, signes du Royaume messianique (cf. Lc 7, 20-23). Avec ton esprit maternel, exerce-toi à accueillir le don multiforme de la vie, de la santé, du bonheur, du bien-être, de la dignité, et prends-en soin. En toi et en toute personne. En tout lieu. En tout temps.

 
 
Ta soeur et ton amie,
 

Julienne de Florence

 


[1] Sainte Julienne - dont nous n'avons pas de données biographiques avant le XVe siècle -, dite de la riche famille des « Falconieri », vécut à Florence (où elle naquit vers l'an 1271) en lien étroit avec la communauté locale des Serviteurs de sainte Marie de Cafaggio, appelée ensuite « SS. Annunziata ». Le frère Paolo Attavanti écrit, en 1494, qu'elle était la nièce de saint Alexis, un des Sept saints Fondateurs de l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie, et qu'elle fut la première "tertiaire" ou "mantelée" de l'Ordre dans les dernières décennies du XIIIe siècle et jusqu'à sa mort, fixée ensuite au 19 juin 1341, renommée pour sa vie virginale, sa pénitence et sa piété envers Jésus eucharistie et crucifié. Elle est considérée, dès la fin du XVe siècle, comme « prototype » de toutes les soeurs et moniales servites, come le fut sainte Claire d'Assise pour l'ordre « séraphique » (franciscains), et sainte Catherine de Sienne, pour l'ordre « chérubique » (dominicains). Cf. Dal Pino Franco Andrea, Giuliana Falconieri, dans: Aa.Vv., Il grande libro dei santi. Dizionario enciclopedico, vol. 2 (San Paolo, Cinisello Balsamo 1998) pp. 966-968. Pour une présentation de la documentation des XIVe e XVe siècles sur la bienheureuse Jeanne et sur sainte Julienne, voir: Dal Pino Franco Andrea, Spazi e figure lungo la storia dei Servi di santa Maria (secoli XIII-XX) = Italia Sacra. Studi e documenti di storia ecclesiastica 55 (Herder, Roma 1997) pp. 539-549 [La B. Giovanna e S. Giuliana da Firenze nella documentazione del secoli XIV-XV].

[2] Un premier exemple documenté de femme laïque, amie des Servites, qui remonte au temps des premiers frères de l'Ordre, est celui d'une célibataire, Jeannine (Giovannina), morte le 13 septembre 1317, parente probable du frère Giovanni de la Tosca, ... et que certains experts sont tentés d'identifier à sainte Julienne! Cf. Ricordanze di S. Maria di Cafaggio, Firenze (1295-1332), dans: Casalini E.M. - Dina I. - Ircani Menichini P., edd., Testi dei "Servi della Donna di Cafaggio" = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 5 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1995) pp. 39-40. Nous nous en inspirons pour décrire la vie de sainte Julienne.

[3] Cf. Ricordanze di S. Maria di Cafaggio, Firenze (1295-1332), dans: Casalini E.M. - Dina I. - Ircani Menichini P., edd., Testi dei "Servi della Donna di Cafaggio" = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 5 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1995) pp. 17, 95, 98.

[4] Selon la tradition, sainte Julienne serait née en 1270, à Florence, de Chiarissimo de Falco et de Reparata Falconieri; on dit que Chiarissimo était frère d'Alexis, un des Sept saints Fondateurs de l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie, et donc oncle de Julienne, que la jeune femme considérait comme un père spirituel. Cf. Casalini E., Santa Giuliana e il movimento laico-servitano ieri e oggi, dans: Consiglio nazionale OSSM, ed., Sussidi spiritualità - formazione. Conferenze tenute ai convegni nazionali di Misano Adriatico 1987 e 1988 = Sussidi OSSM 2 (s.e., s.l. s.d.) p. 16. 

[5] Cf. Attavanti Paolo (+ 1499), Quaresimale sulle lettere dell'apostolo Paolo (Siena 1494) f. 52, dans: Moniales OSM 2 (1964) pp. 23-25. Pour la version française, voir: À la louange de sainte Julienne de Florence = Laudemus viros gloriosos 6 (CLIOS - Marianum, Rome 2000) pp. 72-74. 

[6] Cf. Règle de saint Augustin, n. 19. 

[7] Cf. Const. anciennes, chap. XVI (La profession), bénédiction de l'habit.

[8] Cf. Const. anciennes, chap. XVI (La profession), bénédiction de l'habit.

[9] Cf. LP 8.
[10] Cf. LO 52.

[11] Un auteur de la deuxième décennie du XVIe siècle écrit: «... notre "religion" commença à vêtir des soeurs (du Tiers-Ordre régulier) en 1332 le 2 juillet; et la première fut Julienne Falconieri, qui mourut en 1341 ... » (« ... la nostra religione cominciò a vestire delle sore (suore del terz'Ordine regolare) nel 1332 il 2 di luglio; et prima fu Giuliana de' Falconeris, che morì nel 1341 ... »). Cf. Casalini E., Santa Giuliana e il movimento laico-servitano ieri e oggi, dans: Consiglio nazionale OSSM, ed., Sussidi spiritualità - formazione. Conferenze tenute ai convegni nazionali di Misano Adriatico 1987 e 1988 = Sussidi OSSM 2 (s.e., s.l. s.d.) p. 20. 

[12] Le testament de Gherardo de feu Migliore Guadagni, daté du 20 juillet 1327, dit ceci: « ... Gherardo, de tous ses biens, mobiliers et immobiliers, ... laissa, commanda, voulut et disposa, que soit fait un monastère de vierges de l'Ordre des Serviteurs de sainte Marie, au lieu qui aurait plu aux exécuteurs testamentaires » (« ... Gherardo, di tutti i suoi beni, mobili ed immobili ... lasciò, comandò, volle e dispose, che venisse fatto un monastero di vergini dell'Ordine dei Servi di Maria nel luogo, che più piacesse agli esecutori del testamento ... »). Nous ne savons pas exactement si et où ce premier monastère fut fait, mais rien n'empêche de penser, avec la tradition, que des vierges consacrées se réunirent dans un premier et nouveau monastère de Servantes de sainte Marie, approfondissant l'expérience de sainte Julienne. Cf. Casalini E., Santa Giuliana e il movimento laico-servitano ieri e oggi, dans: Consiglio nazionale OSSM, ed., Sussidi spiritualità - formazione. Conferenze tenute ai convegni nazionali di Misano Adriatico 1987 e 1988 = Sussidi OSSM 2 (s.e., s.l. s.d.) p. 20. 

[13] Jeannine (Giovannina), femme célibataire, possédait probablement un four. Dans le Registro Entrate-Uscite di S. Maria di Cafaggio [= REU], en juin 1288, on lit enregistrée une dépense a la Giovannina per cocitura di due staia di pane, quando andaro i frati a la processione [de saint Jean Baptiste, patron de Florence (24 juin)] (REU, f. 28r, 7). On y lit aussi le paiement per ij staia di crusca [que] doveagli avere la Giovannina ... s. ij e d. viij (REU, f. 44v, 22). Cf. Casalini E.M., ed., Registro di Entrata e Uscita di Santa Maria di Cafaggio (REU) 1286-1290 = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 7 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1998) pp. 192, 229.

[14] Jeannine (Giovannina), femme célibataire, dans les Ricordanze di S. Maria di Cafaggio [= R.], semble posséder assez d'argent et aide généreusement les frères. En 1295, elle prête 7 florins d'or per lo muro (R., f. 1v, 2). En octobre 1296, elle est dite Giovannina di monna Tessa, et elle donne encore 8 florins d'or que gl'avea de' suoi frère Giovanni de la Tosca; d'autres 11 florins d'or viennent par elle au couvent du frère Giovanni per compiere lo muro et naturellement tout cet argent est restitué (R., f. 6v, 1, 2). Mais le prêt le plus élevé - 22 florins d'or - accordé aux frères, est fait le 27 novembre 1297 pour acheter une parcelle de terre à vigne dans le domaine de la paroisse à Giogoli, dans un lieu dit Arelle. La restitution de cette somme commence le 28 avril 1300, à l'occasion du voyage à Rome de cette femme Jeannine (Giovannina) pour l'Année Sainte (jubilaire) fixée per le pape Boniface VIII; mais il résulte que le 17 mai 1309 la dette susdite n'est pas encore remboursée (R., f. 10r, 1 passim). Nous apprenons, cependant, que cette Jeannine (Giovannina) ne vit pas seule, mais comme servante de dame Tessa des Alluodi, avec laquelle, toutefois, elle n’est plus mentionnée à partir du 25 mai 1309. Enfin, le texte indique que le 12 avril 1310, les frères rendirent les derniers 10 florins d'or du crédit accordé, et que de la part des frères le débit fuit solutum in integrum et la Jeannine (Giovannina) fuit contenta (R., f. 12r, passim). C'est dire que le prêt accordé par Jeannine (Giovannina) en 1297 fut complètement remboursé en 1310, soit 13 ans plus tard, et sine merito quelconque: sans intérêt.   Cf. Ricordanze di S. Maria di Cafaggio, Firenze (1295-1332), dans: Casalini E.M. - Dina I. - Ircani Menichini P., edd., Testi dei "Servi della Donna di Cafaggio" = Biblioteca della Provincia Toscana dei Servi di Maria 5 (Convento della SS. Annunziata, Firenze 1995) pp. 39-40.

[15] Cf. LO 19, 30.

[16] Cf. Attavanti Paolo (+ 1499), Quaresimale sulle lettere dell'apostolo Paolo (Siena 1494) f. 52, dans: Moniales OSM 2 (1964) pp. 23-25. Pour la version française, voir: À la louange de sainte Julienne de Florence = Laudemus viros gloriosos 6 (CLIOS - Marianum, Rome 2000) p. 74.

[17] Voir, dans la Liturgie des Heures OSM, l'antienne du premier psaume des premières vêpres de la solennité du 19 juin (sainte Julienne).

[18] Cf. Règle de saint Augustin, nn. 22-28. 
[19] Cf. LO 20. 

[20] Au sujet de l'amour de sainte Julienne envers le Christ crucifié (cf. 1 Cor 2, 2), le frère Michele M. Poccianti écrit dans son Chronicon (1567) [voir dans: Monumenta OSM 12 (1911) p. 68; pour la version française, voir: À la louange de sainte Julienne de Florence = Laudemus viros gloriosos 6 (CLIOS - Marianum, Rome 2000) p. 118]: « Dans les annales on lit aussi que cette vierge très chaste nourrit une si vive dévotion à la Passion du Christ qu’après sa mort on trouva, imprimée sur sa poitrine comme un sceau, l’image du Christ crucifié. Ceci est confirmé par les anciennes représentations de Julienne que l’on peut voir encore aujourd’hui sur les autels de l’église de la Santissima Annunziata ».





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