De la lignée des Laziosi Pérégrin est né à Forli vers l'an 1265. Il est fils unique et descendant de la lignée des Laziosi du côté paternel. Seule une tradition qui remonte aux premières décennies du XVIIe siècle (et donc difficilement contrôlable), identifie les parents du Saint sous les noms de Bérenger ["Berengario"] Laziosi et Flora ["Fiora"] des Aspini. Une rébellion à Forli (1282-83)
1283. Saint Philippe Bénizi (+l285) est prieur général des frères Serviteurs de Marie. Il se rend à Forli pour prêcher la paix et la réconciliation des uns et des autres. On se révoltait contre l'Église. On se méprisait. Et les familles se divisaient.
Philippe n'est pas reçu. On le chasse. Un jeune homme de 18 ans le frappe violemment. C'est Pérégrin Laziosi, fougueux, violent, dur. Sous les coups, Philippe continue sa prière et conserve sa paix. Son attitude sereine le touche profondément. Pris de remords, Pérégrin rejoint Philippe. Il lui demande pardon. Philippe l'accueille avec miséricorde. Dès lors, la vie de Pérégrin prend un tournant: comme le dit son nom, il devient « pèlerin » de Dieu. Sur sa route, il sert les pauvres et les délaissés qu'il rencontre: en eux, il reconnaît Dieu. Il prie et fait pénitence. Auprès de Marie, Mère et Servante du Seigneur, il trouve joie et paix.
Après quelques années de vie nouvelle, Pérégrin frappe à la porte du couvent servite de Sienne. Il choisit de revêtir l'habit des Serviteurs de Marie pour se tenir dans la prière et la confiance auprès de ceux et celles qui souffrent dans leur cœur comme dans leur corps. Il partage la vie fraternelle avec les frères Joachim et François que l'Église vénérés comme deux bienheureux Servites de Sienne.
L'obéissance conduit Pérégrin à Forli, sa ville natale. Il retrouve ses compagnons de violence. Mais cette fois, il mène une vie pacifique, simple, pauvre, alimentée par la Parole de Dieu. Il adoucit les détresses humaines et se fait proche des malades. Sa charité ne connaît pas de limite. Il est pour tous un homme de foi et d'espérance.
À l'âge de 60 ans, il est atteint d'une tumeur cancéreuse à la jambe droite. Rapidement, la gangrène lui dévore la jambe. Quelle souffrance! Le mal devient si insupportable que l'humble frère est soumis aux soins de Paul Salazio, médecin du couvent. L'amputation est décidée.
Durant la nuit qui précède la terrible chirurgie, Pérégrin, de peine et de misère, se traîne à la salle du chapitre (la salle de la réunion des frères) pour prier devant le Christ en croix (qui s'y trouve encore aujourd'hui). Là, seul dans la nuit, la nuit de sa foi, Pérégrin supplie le Christ de lui venir en aide pour qu'il puisse, lui aussi, porter sa croix jusqu'au bout de sa vie. Soudain, comme dans un songe, il voit le Seigneur se tenir près de lui et guérir sa jambe malade...
Le matin venu, le médecin s'amène avec ses assistants. À l'examen, il ne trouve plus aucune trace de la tumeur ni aucune cicatrice. Étonnement du médecin. Merveille pour les frères. Et la nouvelle se répand dans la ville. Une si surprenante guérison attire la vénération du peuple pour Pérégrin. Mais celui-ci ne cesse de se déclarer serviteur pauvre et misérable du Seigneur qui fait des merveilles en faveur des siens. Et Pérégrin vivra encore 60 ans dans l'action de grâce et le service de ses préférés: les malades, les faibles, les petits et les pécheurs à qui Dieu fait miséricorde.
Après une longue fièvre, Pérégrin s'éteint à l’âge de 80 ans en 1345. Et depuis soit tombeau à Forli est devenu un lieu de pèlerinage. Par son intercession nombreux sont ceux et celles qui y trouvent la guérison du cœur et parfois celle du corps. Le Seigneur et sa Mère accueillent toujours l’intercession de Pérégrin qui, auprès de Dieu, ne cesse de prier avec ceux et celles qui l’invoquent.
Le pape Paul V le béatifie en 1609, Benoît XII, le 27 décembre 1726, l’inscrit au nombre des saints et saintes de l’Église.
Auprès de lui se rassemblent ceux et celles qui souffrent d’un cancer, d’une maladie de longue durée ou qui sont aux prises avec des problèmes de violence.
Prière à St.Pérégrin
P.Louez avec moi le Seigneur. T. Car éternel est son amour P.Béni soit son saint Nom. T. Il est notre salut.
P.Nous te rendons grâce, Père, et nous te bénissons: tu sièges dans la gloire et tu te penches avec bonté sur l’existence de chaque personne, car elle est ton image, ton enfant, ta gloire. Dans ton dessein d’amour, tu as voulu que le jeune Pérégrin, par intercession de la Vierge Marie, trouve le chemin de la vie et devienne frère dans l’Ordre des Servites. R. A toi, louange et gloire, éternellement.
Frère, il a été fidèle à son engagement, pauvre, austère et pénitent; assidu à la prière, fervent dans la charité, patient dans l’épreuve. R. A toi, louange et gloire, éternellement.
Frère, il a été témoin du Royaume, Royaume où ne compte ni richesse ni pouvoir, mais seulement l’accomplissement de ta volonté; où l’unique loi est l’amour fraternel, l’unique but, n’avoir qu’un coeur et qu’une âme. R. A toi, louange et gloire, éternellement. Frère, il a été serviteur de la Vierge glorieuse: il l’a accueillie comme mère, et l’a choisie pour guide; près d’elle, il a trouvé appui; avec elle, il s’est tenu près de la croix de ton Fils. R. A toi, louange et gloire, éternellement.
Donne-nous, Seigneur, par l’intercession de saint Pérégrin, un coeur simple et doux, docile à l’écoute de la Parole, ouvert à la miséricorde et au pardon, fort dans l’épreuve. R. Nous te prions, Seigneur.
Donne-nous, Seigneur, d’être, par notre parole et notre vie, artisans de paix, prophètes et témoins du Royaume qui est venu, qui vient et qui viendra. R. Nous te prions, Seigneur. Donne-nous de grandir dans le service et l’amour filial envers sainte Marie, d’entendre le cri des opprimés, d’aider nos frères et soeurs dans le besoin, de nous faire proches des petits. R. Nous te prions, Seigneur.
P. A toi, Père de lumière, de qui vient tout don parfait, par le Christ, Maître de vie, dans l’Esprit, amour divin, honneur, louange et gloire à jamais